Images : Un triplex en ruine et abandonné à Montréal est à vendre pour... 675 000 $

Un triplex en ruine et abandonné à Montréal est à vendre pour... 675 000 $

Tous les détails à l'intérieur.

Publié le par Les Maisons dans Images
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Le marché immobilier est toujours en surchauffe à Montréal. Et pour preuve, un triplex complètement délabré est en vente à 676 500 $, rapporte l'Agence QMI. 

« On ne sait pas ce qui est arrivé avec cet immeuble pour qu’il soit dans cet état, mais les portes et les fenêtres ont toutes été barricadées pour éviter que les junkies y entrent », a expliqué à l'Agence QMI la courtière Thi Thanh Quach, qui travaille pour RE/MAX et qui s'occupe de la vente de l'immeuble aux portes et fenêtres barricadées. 

L'intérieur du bâtiment est tout aussi désolant. Des déchets et de vieilles planches jonchent le sol et les portes sont arrachées, de même que certaines parties du plancher. 

Photo : Courtoisie

« On n’a pas encore pu visiter l’immeuble, mais oui, il a besoin de beaucoup de travaux », ajoute Mme Quach. Selon elle, la mise en vente d'un immeuble aussi insalubre a quelque chose  d'« assez exceptionnel ».

Mais où se trouve cet immeuble ? Dans le quartier Centre-Sud, sur le rue de Rouen. C'est le curateur public du Québec qui est le vendeur. « Lorsque le curateur remet un bien immobilier, on n’a pas de détails sur son histoire. Il nous dit : voilà l’immeuble, le prix et les conditions », dit Mme Quach, qui n'a aucun détail sur l'histoire de la bâtisse, ni comment elle s'est retrouvée dans un si piteux état. 

Lorsqu'une maison fait l'objet d'une vente par le curateur public du Québec, « ça peut être en raison d’une succession abandonnée, d’un propriétaire inapte ou si l’endroit appartient à un mineur », explique à l'Agence QMI l’avocate Isabelle Grégoire.

L'Agence QMI rapporte toutefois que le triplex est dans l’Inventaire des bâtiments vacants de la Ville de Montréal depuis au moins 2016 et que son prix est juste. 

Ainsi, en 2018, le bâtiment était évalué à 442 000 $ tandis que le terrain était calculé à un prix de 242 000 $ par la Ville de Montréal. Même si « ça fait des années que la maison est dans cet état », a expliqué à l'Agence QMI la propriétaire d'un dépanneur situé en face des lieux. Cette personne a demandé à ce que son identité ne soit pas dévoilée. 

« Personne n’habite là depuis longtemps. Quand j’ai acheté le dépanneur il y a 12 ans, tous les locataires sont partis après deux ou trois ans et la maison a été fermée », se souvient cette personne.

Les planchers sont délabrés, les plafonds également. Des calorifères ont aussi été arrachés. 

Photo : Courtoisie

D'ailleurs, Francis Cortellino, qui est économiste à la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), estime que c'est surtout le terrain qui vaut la peine, pas la bâtisse. « La valeur des terrains a fortement augmenté au cours des dernières années. On parle d’une hausse de 200 à 300% d’un terrain pour une unifamiliale dans l’arrondissement Ville-Marie [entre 2000 et 2019 environ]. Alors, imaginez pour un immeuble locatif », a-t-il expliqué à l'Agence QMI. 

« Pour moi, cette maison serait juste un paquet de problèmes. Mais combien d’entrepreneurs sont prêts à payer s’ils peuvent la revendre 1 million dans trois semaines? », croit de son côté Jean-Philippe Meloche, professeur spécialisé en économie urbaine, développement économique local et régional à l’Université de Montréal.

Rappelons que Montréal est encore sous le signe de la surchauffe en matière d'immobilier. En septembre dernier, la SCHL a d'ailleurs fait passer le degré de vulnérabilité du marché de l'habitation de « modéré » à « élevé ». 

Ainsi, les prix continuent leur hausse et entraînent une surévaluation des prix en comparaison aux salaires des ménages montréalais. À cela s'ajoute une demande beaucoup plus importante que l'offre. 

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Source: 24 heures · Crédit Photo: Courtoisie