Maisons de Stars : Une maison patrimoniale de Ste-Thérèse menacée de destruction

Une maison patrimoniale de Ste-Thérèse menacée de destruction

À moins d’un revirement rapide, la « petite maison » jaune tombera sous le pic des démolisseurs.

Publié le par Les Maisons dans Maisons de Stars
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Une maison qui figure dans l’Inventaire du patrimoine bâti de la MRC de Thérèse-De Blainville sera fort probablement abattue pour faire place à un immeuble à logements de trois ou quatre étages, abritant 40 unités locatives.

Le Conseil municipal a en effet accueilli favorablement une le lundi 5 octobre dernier une demande du promoteur Immo-Stellco, qui est propriétaire de la maison sise au 257, rue Blainville Est, Surnommé  la «petite maison jaune»,  l’habitation patrimoniale serait démolie au lieu d’être déplacée, comme c’était pourtant prévu à la base.

On a jugé que  le bâtiment ne survivrait pas à cette opération. À la place, on désirer ériger une copie identique de la maison  à proximité, sur la rue Mainville. Ainsi, selon le libellé du projet de résolution, «l’esprit de préservation de la maison patrimoniale sera conservé.»

La petite maison a pourtant une valeur patrimoniale importante. Dans l’inventaire réalisé en 2014 par la firme Bergeron Gagnon inc., conseillers en patrimoine culturel, on décrit le bâtiment en question de « maison traditionnelle québécoise dont les murs, revêtus de planches à clin, sont assis sur une fondation de pierres et surmontés d’un toit à deux versants droits retroussés, sur lequel on retrouve un revêtement en tôle pincée ».

capture d''écran Facebook

La construction de la maison est estimée à une période s’étendant  de 1850 à 1887, date où elle a été achetée par un journalier nommé Emmanuel Rochon. Un dénommé Joseph Laliberté en a été le propriétaire de 1906 et 1926, puis c’est Elphège Legault qui l’a habitée,  de 1943 à 1976. C’est du nom de ces deux derniers que la maison est officiellement désignée.

Dans son évaluation, la firme Bergeron Gagnon avait attribué à cette demeure des cotes d’excellence (1er échelon sur 5) pour la valeur d’authenticité et l’état physique et une valeur de contexte moyenne (4e échelon). Un examen avait amené les experts à attribuer une valeur patrimoniale «forte» à cette maison, au même titre que 25 % des bâtiments inventoriés dans la MRC. Notons que ladite échelle de valeur comprend aussi cinq échelons : exceptionnelle, supérieure, forte, moyenne et faible.

Mais des voix s’élèvent contre cette démolition, dont deux conseillers de la Ville.

Pierre Leclerc, membre de la Société d’histoire et de généalogie des Mille-Îles (SHGMI) et ex-adversaire politique de l’administration actuellement en place, a profité d’une consultation par écrit, qui se déroulait du 6 au 21 octobre, pour exprimer son opposition au projet, rappelant que des programmes de subventions existent pour la rénovation des bâtiments patrimoniaux et émettant le souhait que la Ville se dote d’un conseil local du patrimoine, tel que l’autorise la Loi sur les biens culturels, au lieu de laisser au comité consultatif d’urbanisme (CCU) l’analyse exclusive des dossiers impliquant des bâtiments patrimoniaux.

En ce qui concerne le projet de construire une réplique identique de la maison,  Leclerc la qualifie de farfelue. «Ce concept, utilisant exclusivement des matériaux modernes, sera dépourvu de continuité et de signification historiques», a-t-il écrit dans le cadre de la consultation publique.

La Ville devrait se prononcer au sujet de l’évolution du dossier lors de la prochaine séance du Conseil municipal, le 2 novembre prochain.

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Source: Nord Info · Crédit Photo: capture d'écran - Facebook