De fortes hausses de loyer et des batailles au TAL à prévoir

Des hausses de 60 $ par mois dans certains cas.

Les Maisons

Alors que les propriétaires envoient progressivement des avis de hausse de loyers à leurs locataires, certaines pourraient être plus salées que les années précédentes. Autant les propriétaires que les locataires estiment que le Tribunal administratif du logement (TAL) verra une hausse des requêtes pour fixer le loyer, rapporte La Presse.

Au cours des années, les locataires recevaient généralement des hausses de loyers variant entre 10 et 15 $ par mois. Or, en 2023, ces augmentations risquent de se chiffrer à 40, voire 60 $ et plus.

La semaine dernière, le TAL a publié les pourcentages applicables en vue de calculer les hausses de loyer cette année. Le tribunal a décidé d'accorder des hausses plus élevées, notamment à cause de l'inflation, mais aussi de la hausse des taux d'intérêt.

« Il va falloir avoir un plan pour parler avec les locataires. Sinon tout le monde va se ramasser au tribunal du logement. On s’attend nécessairement à une augmentation des causes de fixation au TAL », estime le président de l’Association des propriétaires du Québec (APQ), Martin Messier, en entrevue avec le quotidien montréalais. 

L'APQ a d'ailleurs organisé un atelier sur la fixation du loyer, samedi. « On est complet. Il faut rajouter des plages horaires », poursuit-il. 

« Je le répète aux propriétaires : c’est maintenant ou jamais. Les augmentations de loyer ne peuvent pas être reportées sur plusieurs années. Si tu passes à côté cette année, l’année d’après, il est trop tard. Tu vas avoir perdu l’occasion d’ajuster un peu plus ton loyer que dans le passé. Cette année, plus que jamais, les propriétaires doivent faire leurs calculs », souligne M. Messier. 

Quant aux locataires, ils craignent des abus de la part de certains propriétaires. « C’est certain que si on assiste à plus de hausses importantes ; forcément, il risque d’avoir plus de contestation », prévoit Cédric Dussault, porte-parole du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec, en entrevue à La Presse. Il rappelle qu'un locataire est dans le droit de refuser une hausse du loyer et de rester dans le logement. 

Rappelons également qu'un propriétaire a au plus tard jusqu'à trois mois avant l'échéance du bail pour envoyer un avis de hausse du loyer. Le locataire a le choix : accepter la hausse, refuser et quitter l'appartement, ou refuser et rester dans son logement. Si tel est le cas, le propriétaire a ensuite 30 jours pour se tourner au TAL et demander une fixation du loyer.

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