Des agentes immobilières dénoncent être victimes de pervers durant des visites

La situation arrive plus souvent qu'on le croit.

Les Maisons

Des photos de membre en érection, des sentiments de danger durant des visites le soir, des propositions indécentes répétées et des vendeurs saouls en peignoir ouvert, voilà le calvaire vécu par des agentes immobilières québécoises rapporté par le Journal de Québec

Des courtières en immobilier ont décidé de dénoncer ce genre de comportement « pervers » qui survient dans le cadre de leur travail. 

C'est arrivé pas plus tard que la semaine dernière à Julie St-Laurent, qui travaille pour Engel & Völkers. Un homme l'a appelée dans un anglais approximatif que la courtière ne comprenait pas avant de s'exaspérer. « Il m’a ensuite envoyé une photo de lui, les jambes écartées, en érection totale avec du sperme partout. C’était dégueulasse, ça m’a vraiment perturbée », raconte-t-elle au Journal de Québec. 

Julie St-Laurent. Photo : Page Facebook d'Engel & Völkers

D'autres agentes immobilières racontent avoir vécu des situations similaires, notamment parce qu'elles dévoilent leur numéro de téléphone et leur photo sur leurs annonces.  

C'est aussi arrivé à la courtière de Proprio Direct Marie-Ève Grenon, qui a reçu des photos indécentes de la part d'un inconnu qui lui demandait des images d'elle dévêtue en échange. 

« Pas grosse, mais très travaillante », lui a-t-il écrit par message texte. 

« Ce sont des pervers. Je suis une fille super indépendante et je suis fière de ça. Mais quand ça arrive, je me sens vulnérable et j’ai peur pour ma sécurité. Ça me dépouille d’une partie de mon autonomie », dit-elle au quotidien appartenant à Québecor. 

Les agentes immobilières décident souvent de se faire accompagner lorsqu'elles visitent une propriété avec un client seul. Et si cela n'est pas possible, elles partagent leur position GPS avec un proche au cas où il se passerait quelque chose. 

C'est le cas de Shanye Gosselin, qui se fait accompagner par son conjoint dans toutes ses visites en soirée. « Mon chum se stationne dans la rue au cas où, et il reste pendant toute la rencontre. Une fois, un homme m’a accueillie en robe de chambre ouverte et il tenait même plus debout à la fin de la rencontre tellement il avait bu. Je reçois aussi régulièrement des photos de pénis », témoigne-t-elle au Journal de Québec. 

Pour la courtière Patricia Deguara de RE/MAX, une visite il y a quelques années s'est avérée particulièrement violente. Un client l'a prise à la gorge, avant de la pousser dans le mur. 

« J’ai nerveusement pesé sur les pitons de ma clé d’auto et par miracle, j’ai réussi à partir le système d’alarme. Ça m’a donné l’opportunité de m’enfuir en courant », se souvient-elle au Journal de Montréal. 

Une autre agente, Edith Bourret, s'est fait bloquer la route dans la cuisine par son client.

Édith Bourret. Photo : Courtoisie

« Je me suis retrouvée comme coincée entre deux comptoirs et il s’est mis à se rapprocher tranquillement de moi. J’ai réussi à passer en dessous de ses bras et à m’enfuir. J’ai toujours mes antennes allumées, même si je trouve ça plate de devoir le faire. J’ai toujours une inquiétude en tête, principalement pour les jeunes qui commencent », témoigne-t-elle. 

La police de Terrebonne rappelle qu'il est illégal d'envoyer des photos de ses parties intimes sans avoir obtenu le consentement de la personne à qui on les envoie. 

« Nous prenons ça très au sérieux et on va enquêter comme on le ferait pour une fraude ou des voies de fait », explique au Journal de Québec le capitaine Benoit Bilodeau, porte-parole du Service de police responsable de la plainte faite par la courtière Julie St-Laurent.