Elle perd son logement après avoir refusé de donner un dépôt illégal

Elle aurait dû avancer une somme de 2 750 $.

Les Maisons

Certains endroits autorisent les dépôts de sécurité pour un appartement. Mais d'autres, comme le Québec et la Nouvelle-Écosse, interdisent ce genre de pratique. Une femme de Halifax a d'ailleurs perdu son logement après avoir refusé de payer un tel dépôt, rapporte Radio-Canada

Il y a deux semaines, Kirsten Parnell croyait qu'elle en avait terminé avec les recherches pour un appartement. Mais juste avant de signer le bail, on lui a demandé de fournir un cosignataire, mais aussi de payer le premier, le dernier mois de loyer et un dépôt de garantie. Le total de la facture ? 2 750 $. Une somme qui lui aurait fait vider ses économies. 

Si elle a songé à l'idée d'avancer cette somme, elle a réalisé que la demande de l'entreprise de location n'était pas légale. 

« En fait, j'ai attendu d'arriver au rendez-vous pour signer le bail afin de pouvoir leur en parler en face », se souvient-elle en entrevue à Radio-Canada.

Sans bail et sans logement, elle vit maintenant chez des proches. 

« C'est déchirant parce que je sais que je suis de retour à la case départ », déplore-t-elle. 

Selon un employé du service d’aide juridique de Dalhousie, Mark Culligan, ces types de demandes sont fréquentes. 

« Beaucoup des entreprises qui font ça le font depuis longtemps. Je pense qu'une partie de ce que nous voyons maintenant, c'est que les gens sont plus désespérés, alors ils paient plus qu’avant, car il y a si peu de choix », dit-il à Radio-Canada.

Toutefois, la Loi sur la location à usage d'habitation en Nouvelle-Écosse interdit aux propriétaires de demander un tel dépôt d'une somme plus élevée que la moitié du loyer par mois.

« Si vous le payez réellement et que vous signez un bail, vous pouvez peut-être faire une réclamation pour essayer de récupérer l'argent. Mais si on vous demande de payer ces frais de dossier et que vous dites non, il n'y a pas vraiment une protection significative pour vous, car votre propriétaire peut simplement louer à quelqu'un d'autre », observe-t-il. 

Contacté par CBC News, le président de l'entreprise W.M. Fares Group, Wadih Fares, a expliqué que ses employés ne demandaient pas forcément de dépôts, sauf dans certains cas. 

« Si un locataire potentiel ne satisfait pas à la vérification de crédit, nos gestionnaires immobiliers peuvent renoncer à l'exigence de crédit et demander plus de sécurité. C’est fait pour aider le demandeur à trouver un logement », a-t-il expliqué à la chaîne publique. 

« Je veux que les gens sachent que ça ne devrait pas arriver. J'espère que quelque chose sera fait à ce sujet et que les gens pourront louer des appartements équitablement », dit de son côté Mme Parnell, qui recherche toujours un logement.