
Plusieurs Québécois ne sont pas au courant de cet événement
Si l’on demande à n’importe qui de dessiner la ville de Québec, la silhouette inconfondable du Château Frontenac apparaîtra presque assurément. C'est l'hôtel le plus photographié au monde, un symbole de robustesse et d'histoire. Pourtant, plusieurs Québécois et Québécoises ignorent qu'il s'en est fallu de peu pour que ce joyau architectural ne soit réduit en cendres. Il y a près d'un siècle, le Château a connu une nuit d'enfer qui a marqué l'imaginaire de ceux qui en furent témoins.
L'histoire nous ramène au 14 janvier 1926. Alors que l'hiver bat son plein, une catastrophe se prépare dans l'ombre. Vers 17 h 30, un incendie se déclare dans une chambre inoccupée de l’aile Riverview, la partie la plus ancienne de l'établissement,.
Ce qui commence comme un incident isolé se transforme rapidement en spectacle terrifiant. Des milliers de curieux s'amassent pour assister, impuissants, au combat entre les flammes et l'un des édifices les plus prestigieux du pays. La nouvelle est si alarmante que l'on craint le pire pour la réputation internationale de l'hôtel.

Les pompiers de Québec luttent avec acharnement toute la nuit pour maîtriser le brasier,. La situation est jugée si critique que des renforts sont dépêchés en urgence depuis Montréal et Trois-Rivières, bien que les équipes locales réussissent finalement à suffire à la tâche.
Heureusement, la technologie de l'époque joue un rôle crucial : la tour centrale, qui venait tout juste d'être érigée, est sauvée grâce à des cloisons coupe-feu. Le feu est maîtrisé vers 23 h, mais le lendemain matin, le spectacle est surréaliste : en raison du froid intense et de l'eau déversée, l'édifice fumant est recouvert d’énormes glaçons, figeant la scène dans une sculpture de glace involontaire.


Le bilan est lourd, mais aurait pu être tragique. L'aile Riverview est détruite et les dommages matériels sont évalués à plus de 760 000 dollars, une somme astronomique pour l'époque. Cependant, fait presque miraculeux pour un sinistre de cette ampleur : l'incendie ne fait aucune victime.

La résilience est immédiate. Il faudra 127 jours de fermeture pour reconstruire l'aile ravagée. On profite même de l'occasion pour améliorer l'œuvre de l'architecte Bruce Price en ajoutant deux étages et en construisant la magnifique salle Champlain, destinée à devenir un haut lieu de la gastronomie.

Il est fascinant de penser que ce bâtiment, commandé à l'origine par un trio d'hommes d'affaires dirigé par William Cornelius Van Horne (et non directement par le Canadien Pacifique comme le veut la croyance populaire), a survécu pour accueillir les grands de ce monde.
Si les flammes l'avaient emporté ce soir-là, Winston Churchill et Franklin D. Roosevelt n'y auraient peut-être jamais tenu leurs célèbres conférences durant la Deuxième Guerre mondiale. Alfred Hitchcock n'y aurait pas tourné I Confess! et Woody Allen n'y aurait pas posé ses caméras.
Aujourd'hui, alors que l'on admire ses toits verts et ses briques orangées, on oublie souvent que le Château Frontenac porte en lui la mémoire d'une nuit de feu et de glace qui a failli tout changer.
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À propos de l'auteur
Directeur du contenu numérique
Passionné de culture québécoise et véritable mangeur en série d'émissions de télé et de sports en tout genre, il combine ses talents en écriture ainsi que son immense créativité dans ses articles, le tout en apportant une touche humoristique bien à lui. Prenant un immense plaisir à tenter de deviner ce qui nous attends dans la suite d'Antigang ou Indéfendable, il partage avec passion les idées qui germent dans son esprit avec les lecteurs. Diplômé d’arts et lettres au Cégep de Limoilou ainsi que d’intégration multimédia au Cégep de Sainte-Foy, il combine ses deux passions, soit l'écriture et les divers médias numériques, en une seule: soit dans la rédaction d’articles en ligne pour plusieurs sites du groupe d’Attraction Numérique.
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