
Le fulgore tacheté menace l'agriculture canadienne.
Un insecte envahisseur capable de s'attaquer à plus d'une centaine d'espèces végétales pourrait bientôt frapper à nos portes. Le fulgore tacheté, un ravageur originaire d'Asie qui sévit déjà aux États-Unis, représente un danger considérable pour les vignobles, les vergers, les pépinières et l'industrie viticole du Canada. Même si aucune population établie n'a encore été confirmée en sol canadien, l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) multiplie les appels à la vigilance citoyenne. Chaque paire d'yeux compte dans cette bataille pour protéger nos cultures.

Réglementé par l'ACIA depuis 2018, le fulgore tacheté (Lycorma delicatula) n'a pas encore réussi à s'implanter au Canada, mais les signalements se multiplient un peu partout au pays. L'insecte peut voyager de manière insidieuse : il se fixe sur les véhicules, les remorques, le matériel de camping, les meubles de jardin et même les cargaisons commerciales. Les masses d'oeufs, souvent discrètes et recouvertes d'un enduit grisâtre, peuvent survivre aux rigueurs de l'hiver canadien et éclore dès le printemps suivant.
Si vous croyez avoir repéré cet insecte ou ses amas d'oeufs, la marche à suivre est simple mais cruciale. Prenez d'abord une photo ou une vidéo. Ensuite, capturez le spécimen ou grattez les masses d'oeufs dans un contenant bien fermé. Finalement, communiquez sans tarder avec l'ACIA pour faire votre signalement. L'agence vous recontactera au besoin pour récupérer les preuves et vous indiquera la façon appropriée de disposer de l'insecte.
Les personnes qui reviennent de régions infestées aux États-Unis doivent redoubler de prudence. Avant de reprendre la route vers le Canada, il est essentiel d'inspecter minutieusement son véhicule, sa caravane, ses équipements de plein air et tout objet ayant séjourné à l'extérieur. Les masses d'oeufs peuvent se cacher sur des bâches, des articles de jardinage, de l'équipement sportif ou sous les pare-chocs. Une vérification attentive de la cour et des arbres environnants est également recommandée.
Pour le repérer efficacement, il faut savoir à quoi il ressemble tout au long de son cycle de développement. La femelle dépose ses oeufs en grappes entre septembre et novembre. Ces pontes ressemblent à des taches de boue séchée et passent facilement inaperçues.


Au printemps, les jeunes larves émergent. Elles sont noires avec des points blancs et mesurent à peine quelques millimètres. En grandissant, elles deviennent rouges tachetées de noir et de blanc, un stade observable de juillet à septembre.


L'adulte, présent de juillet à décembre, est le plus reconnaissable avec ses ailes antérieures grises ponctuées de points noirs et ses ailes postérieures rouge vif ornées de taches sombres. Ailes repliées, il peut néanmoins passer pour un papillon de nuit anodin.

Un autre geste utile consiste à signaler la présence de l'ailante glanduleux, un arbre envahissant qui figure parmi les hôtes favoris du fulgore tacheté. L'ACIA utilise les emplacements connus de cet arbre pour orienter ses efforts de détection. Les citoyens peuvent rapporter leurs observations via des applications comme iNaturalist ou EDDMapS.
La lutte contre le fulgore tacheté repose en grande partie sur la participation du public. Chaque signalement, même s'il s'avère être une fausse alerte, contribue à renforcer le réseau de surveillance. Avec la saison estivale qui bat son plein et les déplacements transfrontaliers qui s'intensifient, c'est le moment idéal pour ouvrir l'oeil et adopter les bons réflexes. La protection de nos cultures et de nos écosystèmes en dépend.
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