Renouvellement d’hypothèque: comment ne pas perdre trop de plumes

Comment faire face au changement des taux d’intérêt

Les Maisons

En ce moment, bien des propriétaires de maisons vivent de l’angoisse. En effet, le changement du taux d’intérêt sur les hypothèques sont importants cette année.

Certains composaient récemment avec des taux de moins de 3%, mais maintenant, on parle plutôt de 5%.

Et c’est seulement un début. La Banque centrale du Canada augmenté encore son taux directeur en décembre, pour une huitième fois depuis mars 2022. Le scénario risque de se prolonger en 2023.

Il faut donc trouver des façons d’amortir le choc…

Comment faire?

Charles-Olivier Ledoux, planificateur financier chez IG Gestion de patrimoine, a expliqué ceci à Protégez-vous:

 « Cela dépend de votre profil, de votre situation et de vos objectifs financiers ».

Si la hausse des paiements mensuels nous cause de l’insomnie, on peut  profiter du renouvellement pour prolonger la période d’amortissement du prêt. Par exemple, on peut étaler le remboursement du solde sur une nouvelle période de 25 ou 30 ans. Ainsi, en étant répartis sur une plus longue période, les paiements mensuels diminueront. Par contre, cette option demande de payer plus d’intérêt.

On peut aussi renégocier l’hypothèque avant son échéance, pour profiter d’un taux plus bas. Généralement, les banques permettent de le faire six mois avant l’échéance, sans pénalité. Avant  cette période des 6 mois, des frais peuvent s’appliquer. 

Donc, on doit calculer si ça vaut la peine. Si la pénalité est moins élevée que les intérêts, l’idée est intéressante.

On peut également  augmenter les paiements ou les accélérer, afin de réduire le solde du prêt à renouveler, ou opter pour un paiement forfaitaire. Selon les contrats, les institutions financières permettent de verser de 10 à 20 % de la valeur empruntée sans  pénalité.

 Charles-Olivier Ledoux a expliqué à Protégez-vous que renouveler une hypothèque demande de la préparation. Le spécialiste conseille de profiter de l’occasion pour faire le ménage dans son bilan financier. On peut ainsi consolider d’autres dettes dans un seul paiement afin de bénéficier d’un taux d’intérêt plus bas et de réinventer l’argent ainsi économisé  dans le paiement de l’hypothèque.

C’est une optionutile pour les propriétaires qui ont peur de ne pas se qualifier pour renouveler leur prêt. Souvenons-nous que, depuis le 1er juin 2021, les propriétaires doivent se qualifier au taux d'intérêt hypothécaire négocié avec la banque plus 2 % ou 5,25 % (celui qui est le plus élevé des deux). Ce qui signifie, par exemple, que pour un prêt à 6 %, il faut pouvoir supporter un taux de 8 %. C’est un « test de résistance »  qui s’applique quand on souhaiterefinancer une maison, changer de prêteur ou obtenir une marge de crédit hypothécaire.

Taux fixe ou variable?

Monsieur Ledoux estime que le taux variable est encore intéressant malgré les hausses, quand on est prêt à assumer un certain risque à court terme. La hausse pourrait ralentir et même cesser au cours des deux derniers trimestres de 2023, pensent plusieurs analystes.

Si on opte pour un taux fixe, monsieur Ledoux conseille de choisir le terme le plus court possible. « Les taux risquant de baisser dans quelques mois, on évite ainsi d’être pris et de devoir payer une pénalité salée pour casser l’hypothèque au milieu du terme », a-t-il mentionné à Protégez-vous.

Finalement, selon l’expert, « prioriser le paiement de l’hypothèque n’est pas toujours la solution magique pour rester à flot ». Il est bon de conserver des liquidités pour mettre en place un fonds d’urgence ou de cotiser à un REER pour minimiser l’impôt.

Selon lui, tout est une question d’équilibre et de patience. Il faut peser le pour et le contre sans se précipiter et demeurer vigilant. On doit attendre l’évolution de la situation avant de prendre des décisions financières à long terme.

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