Un homme âgé meurt après avoir été évincé de son appartement à Montréal

« C'est parce qu'ils l'ont mis dehors qu'il s'est laissé mourir. »

Les Maisons

Un septuagénaire est mort après avoir été évincé de son appartement, rapporte La Presse.

Clément Robitaille avait dû quitter son appartement en janvier 2021. Comme il n'a pas pu se trouver un autre appartement, il a décidé de vivre dans son véhicule, où il a été retrouvé sans vie le 19 juillet dernier. 

L'homme vivait depuis plus de 30 ans dans son immeuble situé au 3615, rue Bélanger, à Montréal. De nombreux propriétaires ont tenté de convaincre les locataires de partir. Trois d'entre eux ont résisté, dont M. Robitailles. 

« Les propriétaires allaient l’achaler souvent. Ils mettaient de la pression.  Ils l’ont quand même harcelé jusqu’à ce qu’il signe », explique Paul Girouard, un ancien voisin et ami, en entrevue à La Presse.

Les deux autres locataires ont refusé de résilier leur bail et se sont même tournés vers le Tribunal administratif du logement (TAL) pour protester contre les hausses de loyers et  entériner des ententes de relogement durant les rénovations. 

M. Girouard a de son côté quitté son logement en juin 2020, avec seulement 2 380 $ de compensation. 

« Quand [M. Robitaille] a signé, c’est là que sa vie a changé. Il était devenu dépressif, tu voyais que ça ne marchait plus, son affaire. J’allais le voir, il ne parlait même plus, je voyais qu’il était dérangé, dépassé par les évènements », explique à La Presse M. Girouard, qui était ami avec M. Robitaille. 

D'ailleurs, le septuagénaire payait 400 $ par mois en loyer. Il a donc été incapable de trouver un autre appartement. « Il voyait que c’était bien plus cher. Quand il allait voir des logements, c’était comme 800 $-900 $. Il disait : "Ça a pas de bon sens" », ajoute M. Girouard. 

Et « ils l'ont sacré dehors », le 5 janvier. « Il est parti avec son camion et le peu de linge qu’il avait », ajoute son ami. 

« Je le cherchais, puis, à un moment donné, je l’ai retrouvé, j’essayais de l’aider », poursuit-il.

M. Robitaille a donc dormi dans son Ford Escape 2009 jusqu'à sa mort.

« M. Robitaille est vraisemblablement décédé le 16 juillet 2021 d’un malaise cardiaque, après s’être déshydraté [à la suite d’] un séjour prolongé dans son véhicule, sans ventilation ni climatisation, alors que les températures extérieures étaient élevées », est-il écrit dans le rapport du coroner consulté par La Presse.

« C’est parce qu’ils l’ont mis dehors qu’il s’est laissé mourir. Quand tu restes à la même place [aussi longtemps], puis que tu es obligé de changer de place, tu es perdu », croit M. Girouard, une formule reprise dans les autres témoignages.