Une femme âgée se fait presque frauder et vendre sa maison pour la moitié du prix

Sa conseillère financière l'a arnaquée de la plus belle des façons.

Les Maisons

Une cliente vulnérable a été visée par une planificatrice financière qui était à l'emploi du Groupe Investors, qui voulait racheter sa maison à valeur moindre pour faire du profit rapidement, rapporte le Bureau d'enquête de TVA Nouvelles

Joanne Iacono, qui ne travaille plus pour Investors, a ainsi proposé à une cliente de lui racheter sa maison de Montréal-Ouest pour 650 000 $ en vente privé. Mais la planificatrice financière savait que la propriété valait plus de 900 000 $. 

D'après un jugement récent consulté par le Bureau d'enquête de TVA Nouvelle, Mme Iacono a omis de dire à sa cliente que la valeur de la propriété était de 902 000 $, selon un rapport d'évaluation indépendant. 

Elle aurait aussi pressé sa cliente de conclure rapidement la transaction devant un notaire. 

Mme Ioacono et son fils ont également fait quelques recherches, pour apprendre que les maisons dans la même rue étaient vendues entre 1,1 million $ et 1,4 million $. 

Dans le but de faire baisser le prix, elle a même demandé à sa cliente de payer 250 000 $ en rénovations et de signer un addendum à l'offre d'achat qui précisait qu'elle s'acquittait des frais reliés aux rénovations, et en faisant baisser le prix de 250 000 $. 

La banque qui devait financer la vente ignorait tout des intentions de la conseillère financière. Mme Iacono a aussi créé un faux bail pour prétendre à son institution financière qu'elle voulait louer sa maison et déménager. Elle voulait en fait réaliser un « flip » et obtenir un financement supérieur au prix de la transaction. 

Comme sa cliente était « complètement dépassée et déprimée » après la mort de son mari, ce sont des proches et un représentant d'Investors qui ont réussi à bloquer la transaction à la dernière minute. Un employé de l'institution a contacté la dame pour l'avertir de ne pas aller chez le notaire, mais de plutôt prendre un avocat. 

Finalement, la vente ne s'est jamais produite. Mais Iacono a par la suite traîné sa cliente en cour en vue de la forcer à lui vendre sa maison. Mais elle a perdu et a plutôt été condamnée à rembourser la moitié des frais d'avocats de la sexagénaire, une somme de 20 853 $. 

« En dépit du fait qu’elle avait une connaissance directe de ce que la maison valait, soit 902 000 $ au prix du marché, Mme Iacono n’en a pas informé [sa cliente] et a menti », a tranché le juge Jeffrey Edwards de la Cour supérieure dans une décision rendue en 2020 consultée par le Bureau d'enquête.

Mme Iacono a également été congédiée d'Investors dans la foulée des événements.